Colombie

Le combat des Indigènes Nasa : résister pour vivre

Le 7 octobre 2016, Juan-Manuel Santos, président colombien, reçoit le Prix Nobel de la Paix pour ses efforts en faveur du processus de paix avec la guérilla FARC. La signature de ces accords est censé marquer la fin d'un conflit armé de 52 ans, qui aura coûté la vie à 220 000 Colombiens et fait près de 7 millions de déplacés.

Juan Manuel Santos et Rodrigo Londoño, ex-chef Farc, Carthagène, 26.09.16. Crédits : CCARON

Juan Manuel Santos et Rodrigo Londoño, ex-chef Farc, Carthagène, 26.09.16. Crédits : CCARON

Deux ans et demi après la signature des accords de paix historiques, la guerre reste visible dans certaines zones de la Colombie. Les minorités en sont les premières victimes. La communauté indigène Nasa, qui se trouve dans le Nord du Cauca (Sud-Ouest), se bat pour récupérer son territoire, spolié par de grands propriétaires terriens, les guérilleros, les paramilitaires et les narcotrafiquants, alors que la Colombie reste le premier producteur de cocaïne au monde.…Un combat inégal. Face aux armes, les indigènes font le choix de la mobilisation pacifique et payent un lourd tribut de la violence qui sévit encore dans le pays.

CHAPITRE 1

"Ici, la paix n'existe pas"
Nicolas Noskué, indigène Nasa, défenseur de droits humains

Ils sont une trentaine d’indigènes réunis sous une hutte, autour d’un feu. La plupart d’entre eux portent un foulard rouge et vert, couleurs de la communauté. Ils mastiquent de la feuille de coca séchée. Concentrés, tous écoutent le récit de l’un d’entre eux, Luis Acosta, coordinateur national de la Garde indigène, il revient sur le combat du peuple Nasa. Pour entrer dans cet espace sacré, entouré des montagnes andines, la permission du sage, le "mayor" est nécessaire. Le foyer, appelé “tulpa” et situé au centre de la hutte, est un feu sacré. Il faut le contourner par la gauche, y jeter de la chicha, boisson alcoolisée à base de maïs, avant d’aller s’asseoir sur un rondin de bois. Nos gestes sont scrutés. Certains regards bruns s’arrêtent sur nous, avec insistance, méfiance ou curiosité.

16e siècle : les Nasa se réfugient dans les montagnes pour résister aux Conquistadors.
18e siècle : Reconnaissance des territoires comme des réserves indigènes. Les Nasa accepte les lois coloniales espagnoles. Ils ont alors un mode d'administration spécial qui leur permet de créer leurs propres assemblées nommées "cabildos".
20e siècle : Quintin Lame, leader Nasa, dirige la lutte pour la récupération des réserves indigènes.
En 1970, les Nasa, avec d'autres peuples indigènes du Cauca, fondent le Conseil Régional Indigène du Cauca (CRIC).
En 1991, le CRIC inscrit dans la constitution colombienne les droits fondamentaux des peuples indigènes tels que l'autonomie et l'inaliénation des réserves indigènes.


Repères chronologiques sur la résistance du peuple Nasa de Colombie.

Repères chronologiques sur la résistance du peuple Nasa de Colombie.

“Nous, indigènes, nous nous méfions de l’étranger, c’est la malicia indigena, lance Nicolas Noskué, à l’heure du déjeuner. La malicia indigena correspond à un mécanisme de défense qu’utilise un individu face à un environnement hostile et inconnu. Une méfiance que nous parviendrons à briser, grâce à un long dialogue. Sommées de justifier notre présence, nous expliquons notre volonté de savoir comment vit la communauté depuis les accords de paix. Tout en désignant les montagnes qui nous entourent, Nikolas Noskué répond qu’“ici, la paix n’existe pas”, des curieux rejoignent la discussion et acquiescent, lorsqu’il ajoute : “Nous avons été préparés à la guerre, mais jamais à la paix. À l’après...”


Le peuple Nasa vit sur un territoire convoité. Les montagnes du Cauca sont le triste reflet d’une paix en suspens en Colombie. Des cultures de feuilles de cannabis et de coca, des laboratoires clandestins de cocaïne peuplent ses montagnes. Elles sont régies par guérillas, groupes paramilitaires et narcotrafiquants, issus du conflit. À partir des années 80, des groupes paramilitaires se sont constitués en Colombie, à l’initiative de l’armée, de propriétaires terriens ou de cartels de drogue. Ils se présentent officiellement comme une aide à l'état pour éradiquer les guérillas. Le principal groupe du pays s'appelle alors les Autodéfenses Unies de Colombie (AUC). Les AUC déclarent défendre la propriété privée et la démocratie mais ses membres sont avant tout des mercenaires. Ils sont rémunérés et peuvent le plus souvent quitter le groupe lorsqu'ils le veulent. Les AUC ont fini par devenir une organisation narco-criminelle avant d’imploser dans les années 2000, pour donner naissance à plusieurs groupes se battant entre eux pour le contrôle du trafic de drogue.


"Et nous, nous sommes comme un caillou dans leur chaussure", affirme Nicolas Noskué. Les indigènes Nasa se retrouvent malgré eux au coeur de ce conflit et gênent l'expansion des groupes armés, mêlés au trafic de drogue.

La Colombie reste le premier producteur de cocaïne au monde. Selon des chiffres de 2017 de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), la capacité de production de cocaïne a augmenté de 31 % par rapport à 2016 et les régions frontalières sont les plus affectées par la narco-plantation. Le Cauca est stratégiquement placé, il est sur la route d'acheminement de la cocaïne vers les États-Unis, premiers consommateurs de la planète. Selon l’Agence Antidrogue américaine (DEA), 84 % de la cocaïne entrée en 2017 aux États-Unis est arrivée par le Pacifique...

Les groupes armés présents dans le Cauca

Les groupes armés présents dans le Cauca

"Tout ce que nous voulons, c'est récupérer les terres qui nous ont été volées, en finir avec la violence qu'engendre le trafic de drogue dans ce pays ainsi que la monoculture de canne à sucre qui pollue notre territoire", continue Nicolas. Car en plus de résister contre les groupes armés, les indigènes Nasa doivent faire face à une répartition des terres injuste. En Colombie, des milliers d'hectares sont aux mains de grands propriétaires qui les ont obtenus, pour la plupart, de façon illégale. Beaucoup ont profité du chaos de la guerre pour s'en emparer. Dans le Cauca, les propriétaires ont fait de ces terres des champs de canne à sucre, servant en grande partie à produire de l'éthanol pour en faire du biocarburant. Les départements du Cauca et de la Valle del Cauca représentent à eux deux 85 % de la production totale de canne à sucre dans le pays.

CHAPITRE 2

Les Nasa et la guerre contre la canne à sucre, "David contre Goliath"

Peinture murale du cabildo de Corinto "Les hommes et femmes de Maïs résistent". Le maïs est une denrée symbolique de la communauté Nasa. Crédits photo : Lucie Carbajal, septembre 2018.

Peinture murale du cabildo de Corinto "Les hommes et femmes de Maïs résistent". Le maïs est une denrée symbolique de la communauté Nasa. Crédits photo : Lucie Carbajal, septembre 2018.

En fin de journée, de drôles de gouttes de couleur noire flottent dans ciel de Corinto. Une odeur de brûlé se répand peu à peu dans la ville. Il s’agit de cendres de canne à sucre. Brûler la canne à sucre facilite sa coupe et son transport. Pour les indigènes Nasa, c'est une violation de la "Madre Tierra" (Terre-Mère). "Brûler la terre, c'est brûler l'essence même de la vie...Ils nous prennent notre terre, mais en plus, ils l'abîment", déclare Eduin Mauricio Capaz, coordinateur des Droits humains de l'Association des Assemblées indigènes du Nord du Cauca (ACIN). D'autant plus que cette pratique a des répercussions sur la population locale. Une étude réalisée en 2015 par l’Université de Sao Paulo au Brésil a montré que les particules qui se dégagent du brûlis avaient des conséquences sur la santé des personnes âgées, des enfants et des asthmatiques.

“C’est l’industrie de la canne à sucre qui gouverne ici, nous nous battons directement contre elle. Mais lorsqu'on s’attaque à ce type d’industrie, on s'attaque au maire, à la police, à l’armée, à tout le monde, parce qu’elle contrôle tout. ”
Eduin Mauricio Capaz, coordinateur des Droits humains de l'Association des Assemblées indigènes du Nord du Cauca (ACIN)

Les indigènes Nasa ont repris, depuis 2014, les “mingas” pour déloger les propriétaires terriens. La "minga" est un mot quechua désignant un travail collectif en vue d'un objectif commun. Ces campagnes de “libération de la Madre-Tierra” sont héritiers du combat du leader indigène Nasa Quintin Lame. Cela consiste à remplacer la monoculture de canne à sucre par des cultures de denrées alimentaires. Des indigènes Nasa, appelés "libérateurs de la Madre Tierra", se rendent en nombre sur la zone à récupérer, munis de leur machette, pour couper la canne à sucre. Ce sont des moments d'extrême tension. Le personnel de l'entreprise qui sécurise les champs de canne à sucre et la force publique envoyée sur place tirent parfois à balles réelles sur les indigènes. Un combat qui s'apparente à David contre Goliath. Belisario Camayo, Lorenzo Largo Dagua, Pedro Pascué, Guillermo Paví, Daniel Castro, Héctor Janer, Ramón Ascue Calix, Javier Oteca Deiner, Ceferino Yunda Camayo... Tous ces noms font partie de la longue liste des indigènes tués lors d'une minga de "libération" de la Madre-Tierra.

Virgilio, libérateur de la Madre Tierra. Corinto, septembre 2018

CHAPITRE 3

La menace omniprésente

Photo prise en septembre 2018 à Corinto. Indice de la présence de groupes sur le territoire : les graffitis. Ici, l'inscription de la guérilla des Farc et de l'EPL.

Photo prise en septembre 2018 à Corinto. Indice de la présence de groupes sur le territoire : les graffitis. Ici, l'inscription de la guérilla des Farc et de l'EPL.

Le 14 mai 2019, à Caloto dans le Nord du Cauca, le leader indigène Nasa Daniel Rojas est tué alors qu'il sort de chez lui. Quatre hommes lui tirent dessus avant de s'enfuir. Il était président d'une organisation civile encourageant la participation citoyenne (JAC) dans la réserve indigène de Lopez Adentro.

Selon un récent rapport de l’ONG “Somos Defensores”, qui recense les violences contre les leaders sociaux et les défenseurs des droits humains en Colombie, au cours de l’année 2018, 155 leaders sociaux et défenseurs de droits humains ont été assassinés. Ce chiffre est supérieur de 46,2 % à celui enregistré par cette même ONG pour l’année 2017. Le département du Cauca est le département qui a connu le plus grand nombre d’assassinats avec 28 cas. Le rapport souligne aussi l’impunité de ces crimes : dans 73 % des assassinats, les responsables demeurent inconnus.


L'accélération du rythme de ces assassinats correspond à l'accession au pouvoir du nouveau président Ivan Duque, élu en mai 2018 et fervent opposant à l'accord de paix. Pour le président et son camp, l’accord signé en 2016 est trop laxiste envers les ex-guérilleros FARC. La réinsertion des guérilleros démobilisés prend ainsi du retard, les négociations de paix avec la guérilla de l’ELN sont au point mort, les aides financières promises par l’État pour accompagner la transition vers les cultures licites des paysans qui cultivent la coca pour les groupes armés tardent à arriver...À cela s'ajoute un vide territorial laissé par les FARC démobilisés mal encadré par l’État, une branche dissidente de la guérilla FARC s’est d’ailleurs formée après les accords et compterait près de 2000 combattants. Tout cela laisse place à des affrontements violents entre les groupes ennemis.

Les leaders sociaux dénoncent cette situation et vivent sous la menace. Comme Hilario Guejia, leader Nasa.

Hilario Guejia, gouverneur du cabildo de Corinto, Cauca. Septembre 2018

Hilario Guejia, gouverneur du cabildo de Corinto, Cauca. Septembre 2018

Lorsque nous rencontrons Hilario Guejia dans son bureau en septembre 2018, il est gouverneur du cabildo de Corinto. Regard franc, il arbore un collier de perles confectionné par une indigène de la communauté. “Je le porte comme ornement, mais aussi comme protection. La vie d'Hilario est menacée depuis un an et demi.

“Des gens ont commencé à m’appeler, à me menacer, à m’intimider”, confie Hilario. Pour lui, les menaces peuvent venir de plusieurs groupes. “Paramilitaires, guérilleros, mercenaires…il y a le choix, en rigole-t-il nerveusement. "Un jour, ils sont venus chez moi, ils ont cassé les vitres de ma voiture et de ma maison, alors que nous dormions...”

Même menacé, Hilario Guejia choisit d’assumer jusqu’au bout son rôle de gouverneur et n’hésite pas à se confronter à ces groupes. “Il m’est arrivé d’aller dans des zones où des groupes armés étaient présents et gênaient la population, j’ai dû leur dire de s’en aller tout de suite. Ils n’ont pas apprécié.” À cause de son action, son nom finit par apparaître dans les tracts des groupes paramilitaires présents dans la région, diffusés sur les réseaux sociaux. Ce sont ce qu'ils appellent des "pamphlets".

Quelques extraits du tract (pamphlet) reçu par Hilario en septembre 2018 et signé par le groupe narco-paramilitaire "Aguilas Negras"

"Nous, Aigles Noirs, réitérons que dans le plan que nous sommes en train de développer et exécuter, nous prévoyons une Colombie sans guérilleros (...) Nous nous sommes engagés à punir et éradiquer tous ceux qui mettraient à mal ou qui propageraient une politique de gauche nuisible à notre pays. Pour cela nous déclarons cible de guerre (...) les crapauds de leaders Hilario Guejia, Carlos Sanchez..."
"Votre heure a sonné, nous ne jouons pas, nous vous avons déjà averti... Il y a déjà eu des morts de notre fait dans le pays et dans le Cauca."
"Où que vous soyez, nous vous trouverons."
"Pour un département sans indiens guérilleros qui veulent nuire au pays."

Les groupes paramilitaires font souvent passer les indigènes Nasa pour des guérilleros. À l'origine, les guérillas souhaitent une meilleure distribution des terres et prennent en compte les minorités. À une époque, certains combattants guérilleros étaient recrutés au sein de la communauté indigène. Cela reste une minorité et la communauté le condamne. Le combat Nasa ne s'apparente pas au combat des guérillas. Ceux-ci ne croient pas en une lutte armée. Les amalgames, entretenus par certains politiciens, servent à décrédibiliser les revendications des Nasa.


Lorsque le nom d'Hilario apparaît dans ces pamphlets, il admet, “À ce moment-là, j’ai commencé à avoir peur". Hilario entame alors un travail avec la Guardia Nasa, la garde indigène. "Deux gardes m’escortaient 24 heures sur 24, j’ai entrepris des rituels avec des “mayores” (sages) pour me protéger. Et ça a marché. La Guardia Nasa a été décisive dans ma survie.”

CHAPITRE 4

Guardia guardia ! Fuerza fuerza !

Faire partie de la Garde indigène est un grand honneur. Elle regroupe des femmes et des hommes Nasa qui ont contribué à la communauté. Ils sont en charge de protéger le territoire et ne reçoivent pas de rétribution. Ses membres sont reconnaissables par leur chonta, large bâton de bois, orné des couleurs de la communauté, et symbole d’autorité.

La Chonta : chacune de ses couleurs représentent un élément de la communauté.

La Chonta : chacune de ses couleurs représentent un élément de la communauté.

Avant les années 2000, la Guardia Nasa accomplissait une fonction spirituelle et sociale. Avec l'intensification du conflit, elle est devenue une institution à caractère humanitaire. La Garde indigène a commencé à s’occuper des déplacés, des blessés et des menacés, accompagnant les marches et mobilisations indigènes et surveillant le territoire.

Lorsque l’un des nôtres est menacé, nous essayons de récolter le maximum d’informations, nous enquêtons et rendons la chose publique. Nous protégeons aussi physiquement la personne en danger, lorsqu’elle se déplace… cela dissuade les assassins”, explique Gonzalo Cuetia, coordinateur de la Garde indigène à Corinto.“Cela peut ressembler à la force publique ou à l’armée, mais nous, nous n’avons pas d’armes. Notre seule arme, c’est le dialogue, confie Gonzalo.

À Corinto, la présence militaire et policière est forte. il est coutumier de croiser des patrouilles dans la ville. Cela l’est beaucoup moins dans les zones rurales où la violence est la plus visible. “Nous n’avons pas confiance en la police et l’armée pour nous protéger car l’État est en lien avec les grands propriétaires terriens et les paramilitaires qui nous menacent”, affirme Gonzalo.


L'hymne de ralliement de la Garde indigène Nasa : "Garde ! Force ! Pour ma race ! Pour ma terre ! (...) Amis de la paix, ils vont au front avec courage. Et ils lèvent leurs bâtons avec fierté et sans peur... En avant compagnons, prêts à résister...à défendre nos droits, c'est ainsi que nous devons mourir."

En plus de son travail de protection, la Garde indigène est amenée à intervenir lors d’une confrontation entre des groupes armés, comme deux jours avant notre arrivée : “Dimanche (16 septembre 2018), les dissidents FARC et des combattants de l'EPL s'affrontaient dans la zone rurale de Corinto, un civil a été blessé par un impact de balle. Vingt membres de la Garde se sont immédiatement déplacés. À notre arrivée, ils étaient partis. Ils savent qu'en entrant en conflit avec nous, toute la communauté se mobilisera.”

Depuis la signature des accords de paix, la Garde indigène reçoit une formation politique qui l'aide dans ses négociations avec les groupes armés. Elle adopte ainsi un rôle de médiateur. “Il nous arrive de nous asseoir à leur table, nous réussissons à les convaincre parfois de s’en aller... Tout dépend de qui ils envoient en face. Si notre interlocuteur ne connait rien à la politique, n'a aucune idéologie et qu'il sait juste appuyer sur la gâchette, dans ce cas, le dialogue est impossible.”

Le dialogue peut être tout aussi fragile avec le gouvernement colombien d’Ivan Duque, qui peine à reconnaître l’urgence de la situation dans le Nord du Cauca. Pour se faire entendre, les Nasa continuent ainsi de se mobiliser. Début avril 2019, ils étaient près de 20 000 à bloquer la Route panaméricaine, artère reliant le département du Cauca au reste du continent. Un long bras de fer de 27 jours, pour réclamer une reconnaissance de leurs droits.

Comme le dit notre hymne, “À chaque indien qui meurt, il en renaît mille autres”, la résistance et la lutte font partie de notre histoire, nous n’arrêterons jamais, car nous avons notre place ici, nous sommes des indiens oui, mais nous sommes aussi colombiens, lance fièrement Gonzalo.

Sur le toit du cabildo de Corinto, le drapeau colombien flotte à quelques mètres du drapeau Nasa. Comme un rappel que l'identité Nasa est scellée à l'histoire du pays. Son avenir l'est tout autant.

CRÉDITS
Rédaction : Lucie Carbajal
Photos : Cristina Noriega (sauf mention contraire)
Caméra : Lucie Carbajal
Illustrations : Alice Dorbes